Le stringing, ce sont les fils fins (les « cheveux d’ange ») tendus entre deux parties d’une pièce. Ils apparaissent quand du plastique fondu coule de la buse pendant les déplacements à vide. Dans l’ordre, les trois causes les plus fréquentes sont : un filament humide, une température de buse trop élevée et une rétraction mal réglée. Sèche ta bobine, baisse la température de 5 à 10 °C, puis ajuste la rétraction par petits pas : dans la grande majorité des cas, le problème disparaît.
Comment le stringing se forme
Quand la tête passe d’un point à un autre sans imprimer, la buse reste chaude et pleine de plastique fondu. Sans précaution, une goutte s’en échappe et s’étire en fil. La rétraction sert justement à reculer le filament de quelques millimètres avant chaque déplacement pour faire baisser la pression dans la buse.
Tout ce qui rend le plastique plus fluide (température élevée, humidité qui bout dans la buse) ou qui allonge le temps de déplacement aggrave le phénomène. Le PETG et le TPU y sont naturellement plus sensibles que le PLA, l’ABS ou l’ASA.
Tableau des réglages de départ par filament
| Filament | Buse (indicatif) | Rétraction direct drive | Rétraction Bowden | Sensibilité au stringing |
|---|---|---|---|---|
| PLA | 190 à 220 °C | 0,5 à 2 mm | 3 à 6 mm | Faible |
| PETG | 230 à 250 °C | 0,8 à 2 mm | 3 à 6 mm | Forte |
| TPU | 220 à 240 °C | 0 à 1 mm, à monter prudemment | Très faible ou coupée | Forte |
| ABS / ASA | 240 à 260 °C | 0,5 à 2 mm | 3 à 6 mm | Faible |
Ces plages sont indicatives. Prusa recommande par exemple 2 mm maximum en direct drive et utilise environ 3,2 mm sur sa MINI en Bowden. Les profils officiels de ton slicer (Bambu Studio, PrusaSlicer, OrcaSlicer, Creality Print) sont le meilleur point de départ : modifie-les seulement si tu constates un problème.
Étape 1 : sèche ton filament
C’est la cause la plus sous-estimée. Un filament humide crépite à la sortie de la buse, fait de petites bulles et file énormément, même avec une rétraction parfaite. Si une bobine filait peu et se met à filer après quelques semaines à l’air, c’est presque toujours l’humidité.
- Écoute la buse pendant une purge : des petits craquements signalent de l’eau.
- Sèche la bobine selon la fiche du fabricant. Repères courants : PLA vers 45 à 55 °C, PETG vers 60 à 65 °C, TPU vers 50 à 70 °C, pendant plusieurs heures.
- Range-la ensuite dans une boîte étanche avec du gel de silice.
Un séchoir dédié est l’investissement le plus rentable contre le stringing du PETG et du TPU. Nous en avons testé plusieurs, dont le Sunlu FilaDryer S4 et le Dryer M2 Snail d’Eryone.
Étape 2 : baisse la température de buse
Une buse trop chaude rend le plastique trop fluide. Baisse par paliers de 5 °C et observe. L’outil le plus pratique est la tour de température intégrée à la plupart des slicers (OrcaSlicer, Bambu Studio via les calibrations, ou modèles à télécharger) : elle imprime des étages à différentes températures et tu choisis le plus propre.
Limite : en descendant trop, les couches se soudent mal et la pièce devient cassante. Reste dans la plage du fabricant.
Étape 3 : règle la rétraction
Distance de rétraction
C’est la longueur de filament reculée avant un déplacement. Monte par pas de 0,2 à 0,5 mm en direct drive, de 0,5 à 1 mm en Bowden. Trop de rétraction n’améliore plus rien et peut provoquer des bouchons : le filament ramolli remonte dans la zone froide de la hotend et s’y fige.
Vitesse de rétraction
Une rétraction plus rapide coupe mieux le flux, mais trop rapide, le moteur saute des pas ou le filament s’use sous l’engrenage. Les valeurs courantes se situent autour de 25 à 45 mm/s ; garde celle du profil de ton imprimante sauf problème.
Tester proprement
- Imprime un test de rétraction (tour de rétraction d’OrcaSlicer ou deux petites colonnes espacées).
- Ne change qu’un paramètre à la fois.
- Note les valeurs qui fonctionnent dans un profil de filament dédié à cette bobine.
Étape 4 : les réglages de déplacement
Ces options du slicer réduisent le nombre de déplacements à vide ou cachent les traces :
- Essuyage lors de la rétraction (wipe) : la buse essuie sa pointe sur la pièce avant de partir. À garder activé.
- Éviter de traverser les périmètres : la tête contourne par l’intérieur de la pièce, les gouttes restent cachées.
- Rétraction uniquement en traversant les périmètres : moins de rétractions inutiles à l’intérieur.
- Vitesse de déplacement élevée : moins de temps pour que le plastique coule. Les machines récentes sont déjà rapides par défaut.
- Z hop (levée de la buse) : utile contre les accrochages, mais une levée trop haute peut augmenter les fils. Réduis-la si tu filais beaucoup.
Étape 5 : vérifie la buse et la ventilation
- Buse sale : une couche de PETG cuit autour de la pointe retient du plastique et dépose des fils. Nettoie-la à chaud avec une brosse laiton.
- Ventilation : un peu plus de ventilation fige plus vite les gouttes. Pour le PETG, monter de 30 à 50 % peut aider, au prix d’une adhérence entre couches légèrement moindre.
- Usure : une buse ovalisée ou abîmée coule plus. Une buse neuve est un consommable bon marché.
Stringing PETG : les réglages qui marchent
Le PETG est le champion des cheveux d’ange. Méthode éprouvée :
- Sèche systématiquement la bobine avant un projet important.
- Descends vers le bas de la plage du fabricant (par exemple 235 à 240 °C au lieu de 250 °C).
- Augmente légèrement la rétraction par rapport au PLA.
- Garde une ventilation modérée et active l’essuyage.
- Accepte quelques fils très fins : ils partent en deux secondes avec un décapeur thermique à environ 200 °C, en passant très vite pour ne pas déformer la pièce.
Pour comparer, regarde comment se comportent différents PETG dans nos tests, par exemple le PETG d’Extrudr ou le PETG Aceaddity.
Stringing TPU : accepter un compromis
Avec le TPU, la rétraction est à manier avec précaution : le filament souple se comprime et se tord dans l’extrudeur si on le fait reculer trop vite ou trop loin. Prusa conseille même de couper la rétraction au départ, puis de la monter petit à petit.
- Sèche impérativement le TPU : c’est la première source de fils.
- Imprime lentement (20 à 40 mm/s).
- Rétraction courte et lente, augmentée par petits pas.
- Active « éviter de traverser les périmètres » pour limiter les déplacements dans le vide.
- Coupe les fils au cutter ou au décapeur après coup : un peu de stringing sur du TPU est normal.
Notre test du TPU 95A de Sunlu illustre bien ce comportement.
Et le PLA « anti-string » ?
Certains fabricants proposent des PLA formulés pour filer moins. Ils peuvent aider sur une machine difficile à régler, mais ne remplacent pas un filament sec et une température correcte. Tu peux lire notre test du PLA AntiString de Sunlu pour te faire une idée.
Fils, suintement ou bavures : bien poser le diagnostic
Tous les défauts liés aux déplacements ne se règlent pas de la même façon :
| Défaut | À quoi ça ressemble | Piste principale |
|---|---|---|
| Stringing | Fils fins tendus entre deux zones | Séchage, température, rétraction |
| Suintement (oozing) | Petites gouttes ou dépôts sur les parois | Température, essuyage, rétraction |
| Bavures à la couture (zits, blobs) | Petits boutons alignés là où la couche commence | Position de la couture, réglages d’avance de pression |
| Toile d’araignée très dense | Duvet sur toute la pièce | Filament très humide, presque toujours |
Si tes problèmes sont des bavures de couture plutôt que des fils, joue sur la position de la couture (alignée, arrière, ou sur les angles) et sur la calibration d’avance de pression (pressure advance dans Klipper et OrcaSlicer, linear advance dans Marlin). Augmenter la rétraction n’y changera rien.
Les erreurs qui aggravent le stringing
- Monter la rétraction à 6 ou 8 mm sur un direct drive : ça ne règle pas un filament humide et ça augmente le risque de bouchon.
- Changer trois réglages en même temps : tu ne sauras jamais lequel a fonctionné.
- Garder le même profil pour toutes les marques : deux PETG différents n’ont pas la même température idéale.
- Laisser la bobine à l’air libre plusieurs semaines entre deux impressions, surtout dans un garage ou une pièce humide.
- Ignorer le profil d’origine : sur les machines récentes, les profils constructeurs sont déjà bien optimisés. Repars de là avant d’explorer.
Pour trouver des bobines bien régulières et voir comment elles se comportent, tu peux parcourir l’ensemble de nos tests de filaments 3D.
En résumé
- Cause numéro un : le filament humide. Sèche le PETG et le TPU avant de toucher aux réglages.
- Baisse la température de buse de 5 à 10 °C, avec une tour de température.
- Ajuste la rétraction par petits pas : 2 mm maximum en direct drive pour la plupart des filaments, plus en Bowden.
- Active l’essuyage et l’évitement des périmètres, garde des déplacements rapides.
- Nettoie la buse et remplace-la si elle est usée.
- Les derniers fils fins se retirent au décapeur thermique en un passage rapide.
Questions fréquentes
Sèche le filament, baisse la température de buse de 5 à 10 °C et augmente progressivement la rétraction. Les fils restants s’enlèvent avec un passage rapide de décapeur thermique.
Le PETG est naturellement collant et très sensible à l’humidité. Un séchage, une température dans le bas de la plage du fabricant et une rétraction un peu plus longue qu’en PLA règlent l’essentiel.
En général entre 0,5 et 2 mm, Prusa recommandant 2 mm maximum en direct drive. En Bowden, compte plutôt 3 à 6 mm selon la longueur du tube.
Très peu, voire aucune au départ, car le filament souple risque de se tordre dans l’extrudeur. Monte ensuite par petits pas en surveillant l’extrusion.
Oui. Si le filament ramolli remonte trop haut dans la hotend, il peut se figer dans la zone froide et provoquer un bouchon. Augmente la rétraction progressivement.
